125ème de seconde avec…

Marie Raffalli

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Qui es-tu ?

Qui suis je? Je viens d’un milieu très modeste, un père anarchiste bricoleur le Rolleiflex de mon grand-frère, et le labo au rez-de-chaussée.Je ne voulais pas faire d’études, je ne voulais pas de privilèges,je voulais danser, faire du théâtre et des photos mais saltimbanque ce n’est pas un métier !

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Que fais tu ?

 il y a eut la vie … les différents métiers, surtout dans l’image, le cinoche, la vidéo, le graphisme, et même dans le social je ne lâchais pas l’outil-photo mais j’étais accaparée par la vie quotidienne et la pesanteur des nécessités. Alors merci à mon cancer, ce n’est pas tous les jours facile, de justifier ma présence dans cette vie. Pourquoi avoir été sauvée ? grande question qui ne demande peut-être pas à être résolue…
je le remercie parce que depuis je me suis reconnectée à ce besoin insatiable de m’exprimer par les images.
Même si je me juge, même si je ne me sens pas dans les “normes” peu importe, je continue, je me compare et me sous-estime, je continue, je me décourage et me sens perdue, je continue, je crois que je perds ma connexion, non elle est plus forte que moi.
Il y a heureusement des choses qui ne s’expliquent pas, je me suis construite ainsi c’est le paradoxe, ma force vient de cette vulnérabilité.
Je cherche dans le non-spectaculaire, je fouille dans les instants précaires de la lumière  matinale, dans les pétales de fleurs, la patte du chat.
Je n’ai pas de terrain de prédilection, je prends des photos avec mon Leica, et aussi avec mon téléphone, c’est mon langage, mon écriture, depuis le bus, à travers la vitre du train, parfois j’y incruste quelques mots.
C’est juste comme une transe, un lieu où j’existe pleinement hors des paramétrages conventionnels, par le cadre et la lumière, je cherche et je trouve parfois -la fragile sensation d’appartenir au monde.

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Ou vas tu ?
où je vais ???? bonne question!
j’aimerais quitter cette ville, je ne suis pas d’ici, je ne suis peut-être de nulle part
je voudrais repartir en voyage, avec un projet, le tourisme m’ennuie
je vais continuer, en attendant, à observer et célébrer les petits miracles qui nourrissent mon âme….

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125ème de seconde avec…

Jean-Philippe DI Ascia

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CPM  : Bonjour Jean-Philippe, merci de te prêter à ce petit jeu des questions et des réponses, et de contribuer a la suite de cette rubrique.

Qui es-tu ?

Je suis un quinqua qui a toujours essayé de garder son âme d’enfant, histoire de voir le monde avec des yeux émerveillés! Véritable optimisme ou lutte perpétuelle contre la dureté et les horreurs qui nous entourent,  sûrement un peu des deux! Je suis fasciné par la beauté de la nature et également par les gens.  Les gens, un terme générique qui pourtant désigne, si on sait regarder, les plus extraordinaires singularités de cette planète qui sert de support à nos pieds! Saisir les âmes, deviner les sentiments, rentrer en contact par la photo avec cette diversité sans fin, me fascine et m’ouvre des horizons infinis. J’aurai toujours des sujets à photographier !

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Que fais tu ?

Je regarde! Comme le disait Marcel Pagnol dans Marius, on pourrait m’appeler, le regardeur! Tous les jours, où que je sois, je regarde, je cadre dans la tête, je cherche des angles, je joue avec la lumière, je déclenche virtuellement! En fait, comme tous les sportifs, je m’entraîne, pour être en forme, le jour où j,ai avec moi mon reflex ou mon compact. Pour l’instant j’utilise peu le smart phone, mais c’est une erreur…

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Ou vas tu ?

Mon rêve? Avoir du temps , et voyager. Aller à la rencontre des autres et de tous les lieux sublimes de cette planète pour faire des photos à partager sans modération. Les grands espaces vierges m’attirent. Je rêve aussi d’être affranchi du matériel. Je rêve que l’image que fabrique mon cerveau puisse être saisie dans sa parfaite exactitude et soit transmise juste par le pouvoir de la pensée … Un jour ça viendra !

En attendant, je me fait du bien en faisant des photos et si certaines d’entres elles peuvent apporter du plaisir et susciter des sentiments à ceux qui les regardent, j’en serai heureux. Surtout ne pas se prendre au sérieux, l’important est de faire avec son cœur.

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125ème de seconde avec…

Estelle DOEHR

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CPM  : Bonjour Estelle, merci de te prêter à ce petit jeu des questions et des réponses, et de contribuer à la suite de cette rubrique.

Qui es-tu ?

IMG_0090bdf (2)Qui suis je ?
Mon parcours dans la photographie commence par une histoire triste…je vivais avec un homme, nous nous aimions …il est parti, il a laissé son reflex et j’ai noyé mon chagrin dans un viseur. Pendant quelques temps je ne sortais jamais sans «  mon appareil  » qui est devenu comme un bouclier transparent. Comme je trainais pas mal dans le milieu tango marseillais j’ai commencé par des photos de danse; la compagnie bienveillante d’autres photographes m’a aidée à construire mes bases car je ne connaissais strictement rien à la pratique photo. Peu à peu j’ai commencé à regarder autrement ce qui m’entourait.

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Que fais-tu ?

Qu’est ce que je fais ? Petit à petit, devant la difficulté de la photo de danse , je me suis mise à «  cadrer plus serré  » jusqu’à capter au plus près l’étreinte du tango, ce qu’on appelle l’abrazo. Saisir l’émotion qui irradie un visage est devenu important; maintenant ce qui m’intéresse ce sont les portraits, tous les portraits…je m’éloigne de la danse. Par contre quand je me promène dans la rue je ne photographie pas l’humain mais ses traces comme les graffitis sur les murs.

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Où vas-tu ?

Ou je vais ? D’un côté je devrais me rapprocher d’un travail de studio mais je perdrais peut-être le saisissement de l’instant ( c’est une question) . Si le travail en studio devient une évidence je m’y attellerais en commençant par le pratiquer dans le club photo auquel je participe. D’un autre côté je souhaite m’acheter un compact pour être «photographe toujours ». J’ai l’idée de photographier la matière.

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Propos recueillis par Sergio Ranisio. Photos : Estelle Doehr tous droits réservés.

125ème de seconde avec…

Morgan GRAY

InterviewMorgan (2)CPM  : Bonjour Morgan, merci de te prêter à ce petit jeu des questions et des réponses, et de contribuer à la suite de cette rubrique.

Qui es-tu ?

Une question succincte appelle une réponse succincte : je suis un simple photographe amateur-averti. Question suivante ? Non, ce n’est pas suffisant ? ah bon…, on va faire un effort alors. Comment se définir sans être trop réducteur, forcément. Peut être en donnant simplement quelques étapes de mon parcours dans la photo. Le premier appareil que j’ai eu dans les mains vers 12 ans était un petit Agfamatic en plastique pour garder quelques souvenirs de mes vacances. Puis vers 17 ans, j’ai un peu plus découvert la pratique de la photo et surtout du développement N&B par l’intermédiaire d’un stage en Astronomie (les caméras CCD n’existaient encore pas vraiment et on utilisait toujours des films argentiques qu’on hyper-sensibilisait nous-même dans des cocotes minutes !). Mais j’ai très rapidement réalisé que le labo, ce n’était pas pour moi et que je préférais largement la prise de vue en extérieur et surtout en plein jour. Je me suis donc acheté par la suite un petit boîtier argentique semi-automatique (l’OM 10 …) et profitant d’une autre envie, les voyages, j’ai commencé à avoir une pratique plus régulière en faisant d’abord des photos de paysages puis des scènes de rue au hasard, en surmontant la difficulté de s’approcher des gens tout en restant le moins intrusif possible. Par l’intermédiaire de clubs pour échanger, de revues, de livres et d’expos pour découvrir d’autres styles et d’autres univers, j’ai compris que ce qui m’intéressait vraiment le plus était le reportage humain et le photojournalisme. Pour l’anecdote, à mes débuts, la première fois qu’on m’a montré un petit livre d’Henri Cartier-Bresson, je me souviens m’être dit que je ne lui trouvais vraiment rien d’exceptionnel à ce photographe ! J’ai rapidement compris que ses photos étaient en fait fabuleuses et que j’adorais ce style (même si maintenant, je le trouve… trop ‘parfait’). Comme quoi, le regard, ça s’éduque et il faut aussi s’ouvrir à d’autres approches pour développer et enrichir sa propre vision.

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La photographie est devenue rapidement la seule approche et pratique ‘artistique’ pour moi, mais ça a été très irrégulier suivant les périodes. Après mes débuts, pour apprendre et progresser, j’ai été dans différents clubs (sur Paris) et tenté différents petits concours avec plus ou moins de réussite. J’ai eu aussi la possibilité de participer à quelques expositions collectives ou individuelles puis d’autres projets, comme partir en Iran en tant que photographe de plateau pour témoigner de la réalisation d’une pièce de théâtre jouée par une troupe franco-iranienne semi-professionnelle. Mais certaines attentes et certains choix de la vie ont fait que par la suite, pendant environ 8 ans, j’ai arrêté de participer à des réunions de clubs, tout en continuant de mon côté et de temps à autre, sans aucune démarche particulière, ma pratique de la photographie de paysage et surtout de la photo de rue pendant mes voyages à l ‘étranger. Ce qui me plaît dans la photo de rue, c’est le côté instantané, rapide où le défi est de capter une scène avec une présence humaine, mais qui peut ‘raconter’ quelque chose, tout en laissant aussi une part d’interprétation à celui qui regardera la photo par la suite. Ce qui m’intéresse comme matière première, c’est la vie qui se déroule autour de soi et le fait d’extraire de manière subjective ce qui me semble le plus significatif à un moment donné et visuellement intéressant, sans aucune mise en scène. Même si ma pratique est essentiellement la photo de rue, j’essaie aussi de regarder d’autres approches totalement différentes pour m’ouvrir à d’autres visions qui pourraient me faire évoluer. L’année dernière, vraiment par hasard, j’ai découvert le Café Photo Marseille et sa formule m’a donné à nouveau l’envie de participer à la vie associative : j’apprécie une certaine liberté (sans le côté normatif voire dogmatique qui peut exister dans certains clubs), et aussi la possibilité de participer à certains projets ou expositions.

 

Où vas-tu ?

InterviewMorgan4J’aimerais plus creuser le style ‘street photography’ dans le cadre d’un projet particulier. Je trouve que l’arrivée du numérique avec toutes les possibilités nouvelles (et ludiques) que ça offre à n’importe qui, avait un peu mis de côté cette pratique: c’est une évolution normale à laquelle s’ajoute le fait d’avoir obligatoirement une ‘démarche’ photographique. Mais il me semble utile que la photo de rue puisse continuer à ajouter sa part de témoignage. Sinon, j’aimerais terminer par une citation qui, je crois, est d’HCB (désolé encore lui… mais c’est un de mes maîtres spirituels). Elle est beaucoup moins connue et ‘poétique’ que ses autres définitions célèbres de la photographie. Mais cette phrase, dont chaque terme a son importance, définit une approche et une pratique que je partage :« La photographie est pour moi l’aboutissement d’un art plastique, fondé sur le plaisir de l’observation, la recherche de l’équilibre des lignes et des formes, dans une lutte constante avec le temps ».

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Chaque mois, Sergio vous fait découvrir un des adhérents de l’association sous forme d’interview pour sa rubrique 125ème de secondes. Si vous souhaitez vous aussi parler de votre travail, contactez-le : cafephotomarseille@gmail.com

 Photos de Morgan Gray tous droits réservés.

1/125éme de secondes : Évelyne Tetaërt.

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